Affichage des articles dont le libellé est Humeur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Humeur. Afficher tous les articles

13 novembre 2007

État de choc !

Comment trouver un sens à tout ce à quoi on est exposé ?

Allons-y par l'exemple.

En être humain sensible, vous réagissez quand on vous parle de ce qui se passe au Darfour. Vous vous sentez impuissante, démunie, triste, en colère, et vous ne voulez surtout pas sombrer dans l'indifférence. Vous signez des pétitions. Vous en parlez autour de vous, vous donnez des sous, vous appuyez la cause.

Un matin, comme tous les autres, en mangeant votre bol de céréales bio et équitable (right?) vous lisez nonchalamment le journal (même pas celui du jour) et vous accrochez sur une pub de bouffe animale. Ayant à coeur le bien-être de votre vulnérable bête, vous vous dites qu'il faudrait bien ne pas passer outre le ravitaillement de bouffe pour votre chatte déjà obèse que voici (Lili reste calme, c'est seulement pour t'agasser, tout-le-monde sait que 3 jours/sem au gym viendrait à bout de ton ventre qui touche le sol).

Or, bien que pas complètement réveillée, vos yeux croisent cette ineptie sans pareille ! Comme vous n'avez rien contre ce détaillant, vous vous dites que ça doit être une blague de l'infographe, mais l'erreur semble se répéter ici, en page 3 !

Ça alors !



Vous aimez incontestablement votre boule de poil (encore davantage depuis la presque-tendresse qu'elle vous témoigne depuis quelques mois) mais vous vous dites que l'humain dépasse franchement le mandat qu'il a et que ça le détourne des vrais enjeux, ceux pour lesquels il devrait consacrer plus de temps !

En état de choc, vous terminez votre bol de céréales (avec désormais cet arrière-goût de revenez-y pas) en vous disant qu'il y aurait résolument plusieurs aller-retour Québec-Sud Darfour avant que n'ameniez votre Lili-chérie faire ses demandes au Père-Noël !

Non mais ! La suite, c'est quoi ? Les scéances chez le psy ? L'épilation au laser ? L'orthodontie ? Les massages suédois ? La luminothérapie en novembre, les vacances à la mer en février, Disney en juillet et les salons de bronzage en mars ? L'école privée ? Le chandail Burberry ? Les espadrilles à 300$ ? Les tickets taxi, exclusif pour chien-chien ? L'Utopie version félin avec architecture de "bits" forme Mies Van Der Rohe, en 2e service ?

23 octobre 2007

Lettre à une amie.

Ça devait se retrouver dans les commentaires sur ta page mais après avoir fait "aperçu" ça me semblait ridiculement long.

=====

Je vais me permettre d'être franche avec toi. Et je le fais parce que je sais que tu connais l'amitié véritable que je te porte, même si je ne suis pas la plus compétente des amies. Je ne le fais pas pour blesser, ça c'est sûr. J'espère que ça n'aura pas cet effet-là, je te fais confiance sur ta connaissance de ma bonne foi envers toi.

Tu aimes l'Afrique. C'est limpide. Un amour tourmenté mais un amour musclé. Même si la persistance des expériences négatives que tu y as vécu, que tu vis encore, est bien présente, cette Afrique est constituante dans ton identité. Et c'est tout à ton honneur qu'il en soit ainsi, le contraire serait déstabilisant au coton. Tu aimerais tant l'aider, cette Afrique-là. Mais ta lucidité te ramène sur terre. Tu dois, j'imagine, te faire violence parfois. Te parler. "Heille chose, tu peux pas tout porter". Ou alors ça a été fait par le passé, une étape incontournable pour la survie de ton intégrité, et je sais que tu en es pourvue. Mais, je m'éloigne.

Tu aimes nous entretenir sur un sujet qu'on connaît trop peu. Et tu fais saudinement bien de le faire. C'est souhaitable. Une expérience qu'une amie raconte, c'est bien. Une expérience où on parle de pauvreté, de valeurs humaines, de pourquoi on est sur cette terre, après tout ? C'est central, au cœur de l'autochtône que nous sommes.

Je constate (mais je peux me tromper) que tu aimes déstabiliser et provoquer des réactions. Tu le fais avec sincérité, parfois sans filet (ce pour quoi je te porte beaucoup d'estime) mais aussi sans outrecuidance (qui me ferait fuir) ni tant de prétention comme on en retrouve dans la moitié des éditoriaux publiés. Tu as le talent pour le faire plutôt bien. Une démarche assez honnête.

Et raconter l'Afrique n'est-il pas le sujet le plus déstabilisant au coeur de l'occidental moyen ? Raconter l'Afrique n'est-il pas un sujet nourrissant, profond, intriguant ? Qui nous interpelle ou nous fait feeler cheap (pour une fois on a une bonne raison de se sentir de même, tu vas dire). Mais même, tu n'as pas cette approche-là et si on se sent cheap, ce n'est probablement jamais ton intention. Et puis, nos bibittes, anyway.

Tout ce long préambule pour te dire que le Québec, ses habitants, est un sujet aussi intéressant. Je le revendique avec véhémence ! Il est constitué de drôles de bêtes, soit. Pour l'autochtône occidental, il représente, bien sûr, un sujet beaucoup moins exotique, moins accroche-l'œil. Plus bébête peut-être. Mais pas moins intéressant. Non, pas moins.

Parce que tes lecteurs, qu'est-ce que tu crois qu'ils viennent chercher ? Oui, peut-être, peut-être, ce regard si intense de ta voisine KintamPeine. Mais c'est ton regard à toi, comme l'a si bien dit Mal, qui intéresse. Pas que le reste n'ait aucune importance. Je serais d'ailleurs probablement lasse si tu me parlais quotidiennement des scorpions mais, tu ne le feras pas, je le sais. Parce que tu es multi-facettes. Parce que, ce qui t'intéresse, ce sont les gens, bordel, près ou loin, leur valse, leurs interactions, leurs folies, leurs valeurs, leur démesure et leur humanité. Et que ça, tu en trouveras ici, tout autant que partout ailleurs. Elles seront différentes, ben sûr, ben sûr. Mais complètement inintéressantes ? Ça non. Enfin, ce serait surprenant. Et parce que c'est aussi tes racines et que je sais qu'elles sont aussi partie prenante.

Et pourquoi pas des sujets antithétiques, complètement contrastants ? La gastronomie, sujet groundée ET épidermique. Maintes fois abordée mais ton regard. L'effort, ton regard. La recherche d'emploi au Québec quand on a été loin du circuit, ton regard. La parentalité, les structures familiales, la joie de voir le fleuve immense, que sais-je ? Je répète: ton regard.

Allez, Caro. Aies confiance.

Ben oui, c'est propre. Pis oui, on est un peu con. Mais va au-delà. L'Afrique, si elle était nantie comme nous le sommes, tu crois qu'elle agirait de la même façon ? L'humain, placé dans un contexte semblable agit souvent de façon similaire. Je ne veux pas excuser notre indifférence collective (à dénoncer). Peut-être suis-je simplement égoïste ?

Quand on est bien, on a plus de chance de faire le bien. J'y crois. T'es une fille pleine de ressources, brillante, candide (mais pas naïve), généreuse, à l'écoute, tournée vers l'autre. Montres-nous de quoi tu te chauffes quand ton contexte est semblable au nôtre, tiens. Tu relèves ?

Tu m'as piqué dans mon amour du Québec, je crois. ;) Ou à travers mes superficialités, possible aussi.

Quoiqu'il en soit, ton écriture ne se résume pas à son sujet.

Basta.

18 octobre 2007

Bébé Trudeau

Quel est l'intérêt public d'une nouvelle comme celle-ci ?

16 octobre 2007

Damn.

Je suis dégoutée et par le fait même d'autant plus résolue à trouver rapidement un MacBook (des vendeurs dans la salle?).

J'avais écrit un long billet sur les nausées que me génèrent les susceptibilités chinoises quant à la rencontre entre G. Bush et le Dalaï Lama et *pouf* perdu !

Pas question que je réécrive le tout ! Damn.

10 septembre 2007

Les abîmés

Il y a des lectures qui nous donnent envie de lâcher son job. De foutre tout ça là, parce que ça perd de son sens quand on voit comme les besoins ailleurs sont sans fond.

C'est ce que j'ai ressenti à la lecture de cet article de Katia Gagnon dans la Presse d'aujourd'hui. Je dois dire que j'ai entendu l'entrevue qu'elle a donné à Le Bigot, en fin de semaine et que, non que l'entrevue ait été transcendante, mais le propos lui, était "shakant", patent, manifeste de laideur. Je n'ai pas pu l'écouter d'une oreille nonchalante. Elle avait toute mon attention.

J'ai lu déjà sur les troubles de l'attachement et combien il est crucial au sain développement de l'enfant.

Bien sûr, son papier se veut un détonateur dans la tête des lecteurs pour marquer l'importance des soins qu'on apporte à ses mini-victimes. Mini parce qu'elles sont si jeunes pas parce que les agressions subies sont mineures, vous aurez compris. Mais, même avec ses touches d'optimisme, comment ne pas trembler intérieurement et ne pas avoir envie de dire: pourquoi se charger de tout le reste alors qu'il y a des problèmes à la base même du développement des enfants qui demeurent ? On peut opérer à coeur ouvert cibole ! Que fait-on des détresses psychologiques de toutes ces victimes impliquées dans ces cas d'enfants maltraités ? J'implique les agresseurs dans le même bateau ! Car ces humains ont besoin d'encadrement aussi, indeed !

Le centre de réadaptation à 6 ans! Ça ne prend pas un summum d'empathie pour bien voir que sans figure d'attachement stable, aimante, fiable, sans une structure d'accueil bien encadrée, ça ne marche pas...

Prévention, encadrement, éducation. Briser le cercle de l'isolement de ses êtres souffrants qui reproduisent des souffrances reçues.