27 septembre 2007

Iphigénie (la suite)

Cher Théodore loustic,

Saches, d'entrée de jeu, que tu ne pourras trouver lectrice plus réceptive que la signataire de cette missive because mon attirance vile et obscène envers les échanges épistolaires. J'insiste vile et tiens, soyons indulgente, tout-de-même quasi-obscène. Car a-t-on vu pareille curiosité ? Pareil désir de suivre ces correspondances avec critère que leur contenu ait une valeur littéraire manifeste (mais même sans, ça peut me piquer!). Chloderlos de Laclos ainsi que Éric-Emmanuel Schmitt en sont d'estimés coupables.

Il y en a qui ont soif de voir ces télé-réalités fortes en visuel là où mon regard fureteur préfère lire ces échanges avec critère premier qu'il y ait donc un minimum de style et d'esprit. Ou alors que le propos soit pétri d'un humanisme senti.

Or, cette première histoire publiée (Iphigénie en Haute-Ville) est venue répondre à cette affinité et/ou faille que j'ai. Puisque de surcroît, on y retrouve ce minimum (de style et d'esprit) pour ne pas dire un ton franchement onirique et une écriture qui oscille entre hyper-réalisme et allégorie. Même les passages qui nous entretiennent de la chèvre dans la tradition orale berbère finissent par nous amuser ! C'est dire ?

Ainsi, 1/0 pour toi, Théodore.

Mais je dois avouer qu'au début du roman, tout n'était pas gagné d'avance, moi qui ai parfois mal à partir avec le cru, ce langage sans détour, exprimant parfois un manque de ressource. Mais on voit clairement que ce n'est pas le cas ici.

Les pages qui ont amené mon plaisir à un niveau tel que même un bain refroidi et à la mousse dissipée ne venait pas à bout de ma volonté de finir ce chapitre, sont celles contenues entre les pages 145 et 148 (en fait, chais plus). Enfin, celles sur notre volonté chimérique de donner un sens à notre vie. Ou alors de déclamer qu'au fond, qu'est-ce qu'on est rien après tout. Je l'ai reçu vlan dans les dents. Ça, tu peux me croire !

J'aimerais bien faire la part des choses. Mais j'en suis incapable. La part de ce que j'ai reçu de l'auteur et celle de ce que j'ai retenu du gars que j'ai côtoyé, quelques années au Cegep, épisodiquement. Je n'ai pas ce recul pour faire ça. Mais, j'y reconnais l'ironie de l'auteur, celui qui s'en abreuvait. Ces railleries constances, cette dérision dont toi et Pierre abusiez, sans tempérance. Qui vous rendait si divertissants, tous les deux, oui divertissants. Jonglant avec cet humour si, siiii, ... ma foi, débridé ? Vos dérapes verbales qui n'étaient pas des joutes mais plutôt une simple expression de votre plaisir à être dissipés, gamins, plaisantins. Des baguenauds. Voilà. De "baguenauder sur". Soit, tenir des propos légers sur des sujets sérieux. Ou serait-ce le contraire ? En tout cas, c'est tout toi. Je te revois sur la banquette arrière de la vieille picouille rouillée rouge. Teuf, teuf.

Et puis, ce descriptif de ma ville natale, façon Dédé Fortin (Rue principale). Ça fait vibrer ma corde "racine", mon vieux. Hélène B.-Beauséjour doit s'en retourner dans sa tombe !

J'en suis donc à devoir assaillir Pantoute pour lire ton deuxième commitment, Nous autres ça compte pas.



Mais cette fois-ci, je ne veux pas me faire avoir par un cadeau dans ma boîte aux lettres. Tss tss. Je veux contribuer à mettre autre chose que du beurre de pine sur ton pain 12 céréales. Car le bonheur à te lire vaut au moins une bonne rillette de canard.

Philomine

3 observations:

Anonyme a dit…

A te lire... la fin ne t'as finalement pas décue!

Mal

Anonyme a dit…

Qu'est-ce que tu as contre les cadeaux dans les boites aux lettres? Franchement, je me demande où le monde s'en va si on ne peut plus faire un petit cadeau aux anciennes blondes de nos anciens amis. (Et puis je suis habitué au beurre du pin.) Alors, abandonne ce projet d'aller chez Pantoute. J'avais dit que si le premier ne te déplaisait pas trop (je suis heureux de voir que c'est le cas), le deuxième suivrait. (Surveille ta boîte aux lettres au cours des prochains jours.) Et si le deuxième trouve encore grâce à tes yeux, je te ferai aussi cadeau du suivant. Mais pour ça il faudrait d'abord que je l'écrive et c'est une étape assez longue.

Zablog a dit…

!!!!

Belle leçon d'anonymat ! J'encaisse. J'encaisse. J'avais pris pour acquis (je sais je suis naïve...) et me voilà fourbie. Quelle surprise ce matin ! (Allez, encaisse, quoi !)

Ah François ! 2-0 pour Théodore...

J'ai déjà commencé la lecture du second ! Oublie la boîte aux lettres alors ! (En passant, tu as une vraie fan chez Pantoute qui mousse tes ventes!).

J'accepterais volontiers une dédicace, par contre ! Je voulais t'envoyer ce courriel (mais je vois que ça se rend passablement plus vite par ici) mais ma boîte connectée fait des siennes (je sais ça sonne archi-faux mais c'est ça pareil!).